Arsenal semble prêt à entamer une domination à la manière de Manchester United sous la direction de Mikel Arteta
Theo Walcott fait forte impression comme consultant, se montrant perspicace et éloquent. Et à en juger par sa question adressée à Wayne Rooney mardi dernier, Walcott a aussi un sens de l’humour espiègle.
Comment votre équipe de Manchester United de 2008 s’en sortirait-elle face à l’Arsenal de 2026 ? « On les écraserait », a déclaré Rooney.
Et il a presque certainement raison, bien sûr. Rooney, Carlos Tevez, Cristiano Ronaldo, Rio Ferdinand, Nemanja Vidic et les autres dominaient tout.
Mais les « corriger » ? Probablement pas. Cet Arsenal n’a encore rien gagné, mais c’est une équipe qui ne se fait pas balayer. Elle perd rarement aussi et, quand cela arrive, ce n’est généralement pas de manière nette.
Leurs cinq dernières défaites en Premier League se sont toutes jouées sur un but d'écart. Il faut remonter à octobre 2024 pour trouver une défaite dans la compétition par plus d'un but d'écart.
Donc non, le Manchester United version 2008 aurait presque certainement le dessus sur l’Arsenal actuel, mais ce ne serait pas une formalité. Et la réponse pourrait être légèrement différente — ou du moins plus hésitante — si Theo pose la même question à Wazza dans quelques années.
Un peu plus de six ans après sa prise de fonctions, on peut dire qu’il n’aura aucune excuse s’il ne parvient pas à remporter ce titre de Premier League qui échappe à Arsenal depuis plus de deux décennies. Pourtant, malgré le temps déjà écoulé, cette saison donne encore le sentiment de pouvoir marquer le début d’une ère dorée pour Mikel Arteta, plutôt qu’un aboutissement.
Cela arrive rarement dans un grand club européen, mais Arteta a bénéficié d’un long temps d’apprentissage, étalé sur plus de cinq ans. Il est désormais plus calme, moins dans la réaction, et maîtrise mieux ses émotions dans les moments favorables comme difficiles. Et il ne faut pas l’oublier : Arteta n’a que 43 ans.
Cette saison marque toutefois un tournant dans sa progression. Et même si les supporters d’Arsenal en ont sans doute assez de l’entendre, cette course au titre est une opportunité qu’ils ne peuvent pas se permettre de laisser passer.
Avant ce week-end, Manchester City comptait 43 points, et il faut remonter à la saison 2002-2003 pour trouver un deuxième avec moins de points après 22 matches. Liverpool en comptait 36, soit le plus faible total de l’histoire de la Premier League pour un quatrième après 22 rencontres.
Cela montre bien qu’en dehors d’Arsenal, tout a été très équilibré. Et le match contre Manchester United à l’Emirates pourrait bien être l’un des obstacles les plus difficiles qu’il reste à franchir pour Arsenal.
Non, ce n’est pas le United de 2007/08, mais le Manchester United imprévisible de 2025/26 affiche un bilan honorable face aux cadors, avec une victoire dans le derby de Manchester qui s’ajoute à un succès à Anfield cette saison. United et Arsenal s’étaient neutralisés dans un match d’ouverture équilibré, finalement décidé par un but précoce de Riccardo Calafiori.
Et bien sûr, l’équipe de Michael Carrick n’arrivera pas seulement en confiance, elle sera aussi plus fraîche et moins sollicitée. Ce sera le 35e match de la saison pour Arsenal, contre le 25e pour United. Comme avant la défaite de City à Old Trafford, Arsenal a joué en milieu de semaine alors que United ne l’a pas fait.
Mais Arsenal a davantage de caractère et, contrairement à l’équipe de Pep Guardiola, possède l’intelligence défensive et la solidité nécessaires pour faire face à la menace du contre de United. La fin d’après-midi de dimanche devrait constituer une nouvelle étape vers le titre de Premier League, récompense de longues années de travail… mais seulement le début d’une ère dorée pour Arteta.
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