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Casemiro n’est pas parfait, mais son héritage à Manchester United sera immense

La défaite 4-0 de Manchester United à Brentford en 2022 a marqué l’un des moments les plus sombres du club. Les Red Devils ont terminé ce match à la dernière place de la Premier League, sans le moindre point après les deux premières journées d’une saison déjà très mal engagée.

On aurait pu comprendre que de potentielles recrues hésitent à rejoindre Old Trafford, mais Casemiro, qui suivait la situation depuis Madrid avant un transfert qui paraissait impossible plus tôt durant l’été, a maintenu sa position. « Dites-leur que je vais régler ça », a lancé le milieu de terrain vétéran à son agent.

Lorsque la politique de transferts tumultueuse de United a finalement permis l'arrivée du joueur, six jours après cette défaite humiliante, un véritable moment de stupeur a suivi : était-ce le vrai Casemiro ? Le Real Madrid savait-il quelque chose que nous ignorions ?

United a passé l’été dans une poursuite embarrassante de Frenkie de Jong, l’un des favoris d’Erik ten Hag, qui avait clairement fait savoir qu’il ne voulait pas retrouver son ancien entraîneur à Old Trafford.

Le fait d’avoir basculé au dernier moment vers son homologue du Clasico a été un tournant pour le club, bien davantage renforcé par l’arrivée du Brésilien aguerri que ne l’aurait été par un Néerlandais peu impliqué.

Le recrutement galactique de Casemiro n’aurait jamais eu lieu sous INEOS, et le monde du football retenait son souffle pour voir s’il allait sombrer ou réussir dans l’un des clubs les plus dysfonctionnels d’Europe.

Après des mois de spéculations, c'est désormais officiel : Casemiro quittera United à l'expiration de son contrat à la fin de la saison.

Si son empreinte au club reste indélébile, son départ intervient au bon moment : après une succession de hauts et de bas avec les Red Devils, il brille encore, mais avec moins d’éclat, dans le drôle de vide qu’est la seconde partie de saison de United, réduite à une seule compétition.

Sa première saison à Old Trafford a peut-être été un choc pour un joueur habitué à évoluer au plus haut niveau, mais ce fut une aubaine pour United, qui a presque par hasard trouvé une solution de classe mondiale à l’un de ses plus gros problèmes.

Neuvième Brésilien à porter le maillot de United, Casemiro, tout juste sorti d’un milieu de terrain du Real Madrid déjà entré dans la légende moderne, a montré qu’il était bien plus qu’un simple récupérateur rugueux, apportant de la créativité en retrait et une menace offensive inattendue. Son premier but pour le club, une tête égalisatrice sur la pelouse de Chelsea, a laissé une image durable de sa version mancunienne : un cri primal lancé devant le parcage visiteur de Stamford Bridge.

Mais ce souvenir s’est estompé très vite, le quintuple vainqueur de la Ligue des champions ayant connu une chute de forme extraordinaire, à ce point sévère et préjudiciable que, selon Ruben Amorim, il se retrouvait même derrière Toby Collyer dans la hiérarchie.

De héros de United à quasi-vilain, Casemiro est passé du statut de source d’inspiration à celui de fardeau, incapable désormais de suivre le rythme et l’intensité d’un championnat qu’il dominait encore quelques mois plus tôt.

Un soupir de soulagement collectif s’est fait entendre chez ceux que son début peut-être étonnamment convaincant en Angleterre avait laissés embarrassés, mais aussi de l’exaspération à Old Trafford, où une superstar à près de 350 000 livres par semaine était soudain devenue un fardeau dont même la Saudi Pro League ne voulait pas vraiment.

Après avoir touché le fond sur le plan sportif, il a signé un retour spectaculaire qui, sans jamais le ramener au niveau de sa première saison, l’a replacé parmi les premiers noms sur la feuille d’équipe de United — du moins avec les options actuelles au milieu de terrain.

Et c’est sans doute là sa plus grande réussite au club — ni son but décisif en finale de la Carabao Cup, ni ses près de 150 apparitions, mais le fait d’avoir conservé un professionnalisme à toute épreuve dans un environnement si corrosif pour ce genre de qualités.

Même dans une période de moins bien, il est difficile d’imaginer Casemiro autrement que comme une figure idéale dans le vestiaire et à l’entraînement. Les milieux de terrain peuvent prendre exemple sur ses qualités, mais chaque joueur de l’effectif a à apprendre de son expérience et de son humilité.

Casemiro a-t-il vraiment « réparé » United ? Pas tout à fait, car il en faudra plus que les efforts d’un seul homme. Il a toutefois apporté un élan salutaire à un club en difficulté, qui a raison de ne pas chercher à le retenir plus longtemps que nécessaire. À présent, United doit se montrer décisif pour assurer sa succession avant que les effets ne s’estompent.

Image mise en avant : Jan Kruger via Getty Images

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