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L'Angleterre expérimentale exposée par le Brésil, mais Wiegman n'a pas de raison de paniquer

L'Angleterre a été ramenée sur terre avec une petite secousse, probablement sans conséquence, lors du premier match de sa Homecoming Series, une défaite 2-1 contre le Brésil à l'Etihad Stadium ayant exposé la fragilité défensive des Lionesses. Les buts du Brésil en première mi-temps ont reflété les difficultés de l'Angleterre à faire face à un jeu offensif direct et rapide, ainsi que son instabilité défensive et l'absence de joueuses clés.

La faiblesse de l'Angleterre en défense n'a rien de nouveau – elle est apparue de manière relativement constante ces deux dernières années, quels que soient les joueurs disponibles. Ils n'ont enregistré qu'un seul match sans encaisser de but lors de leurs sept derniers matchs, comptant sur leur résilience, leur état d'esprit combatif et leur richesse en attaquants. Malheureusement pour eux cette fois-ci, ce dernier atout a fait défaut malgré la pression importante exercée par leur ligne offensive après que leurs adversaires ont été réduits à 10 joueurs, suite au carton rouge d'Angelina à la 21ᵉ minute.

Le Brésil a peut-être été jugé un adversaire approprié précisément parce qu'il mettrait à l'épreuve les fragilités de l'Angleterre, cela et le bonus évident en relations publiques que représente l'affrontement avec les championnes de la Copa América. L'équipe d'Arthur Elias dispose d'une grande rapidité et de capacités techniques, particulièrement dans les zones offensives. Ludmila, Luany, Dudinha et Bia Zaneratto peuvent, par leurs qualités, étirer et défier les meilleures du monde. Les deux dernières ont d'ailleurs trouvé le chemin des filets en moins de 18 minutes à Manchester, faisant preuve d'une finition chirurgicale que leurs homologues à l'autre bout du terrain ont dû regarder avec envie.

L'absence de protection offerte par le milieu de terrain aura été une préoccupation majeure. Les deux buts sont venus de Georgia Stanway prise en possession, laissant de l'espace derrière et la défense en difficulté. Le Brésil a semblé cibler particulièrement le côté droit de la défense anglaise pour les deux réalisations, profitant de Maya Le Tissier qui montait haut et laissait Jess Carter plus isolée. Ce n'est pas une faute des deux joueuses, mais plutôt une caractéristique du système que Sarina Wiegman aime employer. Un système qui tente d'équilibrer l'exposition accrue de la défense avec le soutien apporté par les latérales à l'attaque.

Bien sûr, le contexte de la situation dans laquelle se trouve l'Angleterre est très riche. C'est le début d'un nouveau cycle, un redémarrage après le triomphe en Europe cet été, et la beauté de ces matchs amicaux est qu'ils offrent à Wiegman l'occasion d'expérimenter et d'intégrer de nouveaux joueurs.

La sélectionneuse de l'Angleterre est privée de joueuses clés dans son effectif. La gardienne Hannah Hampton a été écartée pour une blessure mineure à la veille du match, offrant ainsi à Khiara Keating ses débuts en équipe première. Le fait que cette joueuse de Manchester City, âgée de 21 ans, puisse vivre ce moment à l'Etihad était symbolique, ce stade étant celui du club où elle évolue depuis l'âge de 11 ans. Leah Williamson est également absente, la capitaine ayant subi une opération du genou en début de pré-saison, tandis que Lucy Bronze vient tout juste de se remettre d'une fracture du tibia et n'était pas prête à débuter la rencontre. À elles deux, elles totalisent plus de 200 sélections pour leur pays.

Cela signifiait que seuls deux membres de l'unité défensive ayant pris part à cette célèbre finale contre l'Espagne en juillet – Carter et Alex Greenwood – étaient encore présents. Le Tissier a eu droit à une rare apparition après un début de saison impressionnant avec Manchester United, tandis qu'Esme Morgan, en grande forme avec le Washington Spirit en National Women’s Soccer League, a accompagné Carter au centre. Un manque de cohésion était évident dès le départ, les relations étant encore à construire, et les deux buts concédés ont mis en lumière un déficit de communication qui aurait été moins flagrant avec une défense habituée à travailler ensemble de manière plus régulière.

Bien sûr, il n’y a aucune raison de paniquer. L’Angleterre a du temps, et ses succès lui ont valu une certaine grâce pour expérimenter au cours des prochains mois. Mais les faiblesses persistantes doivent être au centre de l’attention de Wiegman et de son nouveau groupe d’assistants, qui devront tenter d’y remédier avant le début des qualifications pour la Coupe du monde 2027, au printemps prochain. Ce match pourrait s’avérer être une bénédiction déguisée, un signal d’alarme contre la complaisance et un rappel que soulever des trophées sur la scène internationale ne règle pas automatiquement des problèmes endémiques. Si l’Angleterre parvient à corriger cet aspect de son jeu, nul doute qu’avec la qualité des effectifs dont elle dispose, cette équipe pourrait porter ses succès à un niveau encore plus élevé qu’auparavant.

Image d'en-tête : [Photographie : Peter Powell/AFP/Getty Images]

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