Le PSR est enfin mort : comment les nouvelles règles financières de la Premier League favorisent l’élite
Si le mercato de janvier a été inhabituellement calme malgré l’argent en Premier League, une partie de l’explication se trouve dans l’agitation de certaines directions. Un grand club voulait clairement recruter et estimait pouvoir le faire sans difficulté dans le cadre des nouvelles règles de Squad Cost Ratio (SCR) de la saison prochaine, mais n’a pas voulu prendre le risque de dépasser les règles de Profit and Sustainability (PSR) de cette saison.
Ces inquiétudes illustrent la « couche d’acronymes » — selon les mots d’une source — que la Premier League s’emploie actuellement à démêler avant le passage aux nouvelles règles la saison prochaine. La question de savoir si cela ajoutera de nouvelles strates à la compétition ou accentuera la stratification financière fait toujours l’objet d’un vif débat.
Un argument largement avancé est que cela favorise les clubs les plus riches et les propriétaires les plus enclins à dépenser.
Le vote de novembre 2025, au cours duquel le SCR a été adopté par la plus petite marge possible, 14 voix contre 6, était déjà considéré comme l’un des plus importants de l’histoire de la Premier League. Il pourrait encore être perçu comme un tournant pour son avenir.
Il est au moins révélateur que la quasi-totalité de la classe moyenne récemment admirée de la Premier League — Bournemouth, Brentford, Brighton et Crystal Palace — ait voté contre le SCR. Leurs progrès étaient considérés comme le signe que le PSR fonctionnait, malgré tant de débats.
Ce débat s’est inscrit dans un processus ardu pour faire adopter le SCR, après un long blocage politique. La direction de la Premier League a été décrite, sur le ton de la plaisanterie, comme « faisant sauter les bouchons de champagne » une fois le SCR adopté, même si cela tenait peut-être surtout au fait d’avoir enfin fait passer un vote majeur.
Parmi les raisons du changement de règlement figuraient le long débat autour du PSR — notamment la perception qu’il freinait « l’ambition » — ainsi que le fait que le SCR est déjà utilisé par l’UEFA. De nombreux clubs y sont donc déjà habitués.
En résumé, le SCR permettra désormais aux clubs de Premier League de consacrer 85 % de l’ensemble des revenus liés au football et des ventes de joueurs à l’équipe. Le dispositif comprend aussi un volet de « taxe de luxe », permettant aux clubs de dépenser 30 % supplémentaires, les éventuelles amendes revenant à ceux qui respectent les règles. Tout dépassement du seuil de 115 % entraînera des sanctions sportives. Contrairement au PSR, les calculs seront effectués sur une base annuelle, et non sur trois ans.
Malgré les discussions sur un alignement avec l’UEFA, des différences importantes subsistent. L’une d’elles est que le seuil européen est bien plus strict, à 70 %. Une autre est que l’UEFA applique toujours une forme de PSR aux côtés du SCR, et non l’un ou l’autre.
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La Premier League était censée imposer davantage de limites dans sa règle dite d’« anchoring ». Cela aurait garanti que les clubs les plus riches ne dépensent pas plus qu’un multiple — prévu à cinq fois — des revenus du club aux plus faibles recettes.
La proposition a été rejetée par 7 voix contre 12, avec une abstention : l’un des plus lourds revers jamais subis par une mesure présentée par l’exécutif.
De nombreuses sources en Premier League affirment que la réaction a été tout sauf euphorique. Il y a même eu une réelle déception, d’autant que les dirigeants travaillaient depuis des années pour trouver la bonne formule d’ancrage. Un travail considérable y avait été consacré. Sans ce mécanisme, des sources proches des clubs de milieu de tableau estiment qu’il sera bien plus difficile pour eux de suivre le rythme.
Cela se perçoit sans doute dans les projections sur le fonctionnement de ces règles, notamment pour ceux qui ont fait de la vente de joueurs un moyen de progresser graduellement au classement, selon un modèle plus organique d’achat-revente. Les clubs de milieu de tableau estiment désormais que les évaluations « en temps réel » du SCR accroîtront la pression pour vendre plus vite afin de rester en conformité. Une fois encore, l’argument avancé est qu’elles profitent aux plus riches.
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Cela est certes nuancé par une étude de l’Université de Liverpool, qui montre que le SCR, sous cette forme, pourrait faire en sorte que l’ancien « big six » obtienne une part réduite des points. Dans ce sens précis, cela traduirait un meilleur équilibre compétitif que l’ancien PSR, selon des projections futures et des milliers de simulations. La part la plus importante pourrait toutefois revenir aux clubs aux propriétaires les plus riches.
Les classes moyennes insistent sur le fait que la réalité de leur manière de travailler sera désormais différente. C’est pourquoi subsiste encore une certaine curiosité quant aux enjeux politiques liés à l’adoption de ces votes.
Il a été insisté pour que l'« anchoring » soit soumis au vote en premier, alors même qu'il était admis qu'il serait rejeté. Selon des sources, des tractations de dernière minute ont ensuite permis au SCR d'être adopté de justesse. D'où l'idée d'une alliance entre clubs riches et propriétaires fortunés. Certains dirigeants vont même jusqu'à le qualifier d'« orwellien ».
« Les grands clubs ne s’intéressaient absolument pas à l’équilibre compétitif », affirme une source.
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Cette position a déjà été décrite en Premier League comme « le point de vue de Ferran Soriano », tant le directeur général de Manchester City a affiché ouvertement sa volonté de voir davantage d’argent revenir à son club. Mais l’idée selon laquelle les grands clubs devraient pouvoir dépenser davantage a été rapidement reprise par la direction de Sir Jim Ratcliffe à Old Trafford. Presque immédiatement après l’achat de la participation minoritaire, des dirigeants de premier plan se plaignaient déjà des restrictions. Les deux clubs de Manchester se sont fermement opposés ensemble au système d’anchoring, soutenus par la menace d’une action en justice de l’Association des footballeurs professionnels.
C’est aussi là que naît la frustration, le SCR n’ayant pas été soumis au vote avant qu’il ne soit pratiquement établi que l’ancrage était « mort-né ». De plus, l’ancrage ne devait être que provisoire et comportait une clause d’expiration de quatre ans.
Cela pourrait entraîner d’autres effets concrets, comme ce qu’un dirigeant décrit comme une « possible sclérose du système ».
Alors que les clubs de milieu de tableau pouvaient généralement recruter avant de vendre sous le PSR, la situation va désormais s’inverser. Ils devront vendre avant d’acheter. Le sentiment est que cela va accélérer une tendance à des transferts dictés par des considérations réglementaires plutôt que sportives.
En revanche, cela pourrait bien avantager certains des clubs qui se sont le plus opposés au PSR, comme Newcastle United et Aston Villa.
La Premier League a elle-même souligné, dans son communiqué, que cette mesure vise à « promouvoir la possibilité pour tous ses clubs d’aspirer à une plus grande réussite ». La compétition estime également que ce seuil plus élevé aidera les clubs qui ne disputent pas de compétition européenne, mais cela ne concerne désormais qu’environ la moitié des 20 clubs — et généralement pas ceux qui recrutent pour revendre.
La possibilité de revenir sur l’ancrage existe toujours à un moment donné, mais il est difficile de savoir quand et sous quelle forme. Ce n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant.
Entre-temps, le PSR a enfin disparu. Janvier a été sa dernière fenêtre. Cela ne signifie pas forcément la fin de ce type de débats : le bruit autour du sujet pourrait encore s’intensifier.