Mourinho protège Benfica : il renforce Prestianni après la controverse et modifie son plan pour le Bernabéu
Benfica se rend au Bernabéu avec l’intention de tout donner pour renverser la confrontation. La semaine a été compliquée pour l’équipe et José Mourinho a dû endosser son rôle de psychologue. D’abord pour régler en interne la situation de Prestianni. L’Argentin, devant l’ensemble de ses coéquipiers, a assuré qu’il n’avait pas traité Vinícius de « singe », s’est excusé auprès du groupe pour avoir été au centre d’un épisode ayant affecté l’ambiance du vestiaire et s’est dit prêt à jouer au Bernabéu.
Mourinho s’est entretenu personnellement avec le joueur et lui a témoigné sa pleine confiance. En l’absence de sanction de l’UEFA, l’entraîneur veut voir la meilleure version de l’Argentin à Madrid. Le message est clair : se préparer à un environnement hostile, faire abstraction du bruit extérieur et se concentrer uniquement sur le jeu.
Une certaine tension est attendue avant même le coup d’envoi. Après l’hymne de l’UEFA, au moment où les joueurs se salueront, l’attention se portera sur ce qui se passera entre Vinicius ou Mbappé et Prestianni. L’Argentin est prêt à ignorer toute provocation et à se concentrer exclusivement sur ce qui se jouera pendant les 90 minutes, ou 120 si nécessaire.
Un match difficile
Mourinho a également cherché à tenir l’équipe à l’écart de l’attention médiatique. Il ne s’est pas présenté à la conférence de presse d’avant-match avant la rencontre de championnat contre Aves et, après la victoire 3-0, il a évité tout commentaire sur l’incident. Une manière de ne pas jeter de l’huile sur le feu.
Sur le plan psychologique, Mourinho est un maître. C’est la raison pour laquelle il a modifié la préparation habituelle du match et annoncé que l’équipe s’entraînerait au Bernabéu la veille de la rencontre. Habituellement, Benfica s’entraîne à son centre d’entraînement avant de se déplacer dans l’après-midi pour la conférence de presse officielle. Pas cette fois.
L’entraîneur souhaite offrir à ses joueurs un premier contact avec le stade afin de se préparer mentalement à ce qui les attend le lendemain.
Si l’UEFA l’autorise — ou s’il doit purger une quelconque sanction — ce sera José Mourinho lui-même qui fera face aux médias. En conférence de presse, il préfère occuper le devant de la scène et maîtriser le discours plutôt que de déléguer à un adjoint, d’autant plus que de nombreuses questions sont attendues sur l’épisode présumé de racisme et l’altercation entre Vinícius et Prestianni.
Des interrogations subsistent également quant à l’endroit d’où il suivra le match. L’option de le faire depuis l’hôtel n’est pas à exclure. Cela s’est déjà produit dans des situations similaires, à Chelsea comme au Real Madrid. Le 3 mai 2011, après le célèbre « pourquoi ? », Madrid s’était rendu au Camp Nou pour tenter de combler un retard de 2-0, et Mourinho était resté à l’hôtel Rey Juan Carlos I. Au stade, il est plus difficile de préserver la confidentialité et de transmettre des messages à l’équipe. Il ne serait donc pas surprenant qu’il reproduise cette stratégie : loin des caméras et des projecteurs, mais avec un contrôle total de la situation.