Pourquoi Tottenham ne peut pas se permettre de bricoler avec un entraîneur intérimaire en attendant Mauricio Pochettino. Le club doit faire preuve d’audace et nommer Roberto De Zerbi DÈS MAINTENANT avant qu’il ne soit trop tard, écrit Oliver Holt
Accablés par leurs propres erreurs, les propriétaires et dirigeants de Tottenham Hotspur font face aujourd’hui à une dure réalité après avoir décidé de limoger l’entraîneur Thomas Frank seulement huit mois après sa nomination.
Lorsque Manchester United a limogé Ruben Amorim le mois dernier, le club occupait la sixième place de Premier League et a nommé Michael Carrick entraîneur par intérim, en espérant qu’il le mènerait vers le top 4, tout en sachant qu’un échec ne serait pas catastrophique.
La famille de Joe Lewis, propriétaire de Tottenham et plus impliquée dans la gestion du club depuis le départ estival de Daniel Levy, ne bénéficie pas de ce luxe : les Spurs traversent leur crise la plus grave depuis près d’un demi-siècle.
Avec seulement deux victoires lors de ses 17 derniers matches de championnat sous les ordres de Frank, Tottenham ne compte plus que cinq points d’avance sur la zone de relégation. Cet écart aurait été de trois points si West Ham avait conservé son avantage face à United pendant encore quelques minutes, mardi soir, au London Stadium.
La dernière relégation des Spurs hors de l’élite remonte à 1977, mais la défaite contre Newcastle mardi laisse de nouveau Tottenham face à cette menace.
C’est une sévère mise en cause de plusieurs années d’échecs en matière de recrutement et d’investissement : un club qui évolue dans l’un des meilleurs stades modernes du monde a fini 17e du championnat la saison dernière et s’expose à encore pire cette saison.
Avec seulement deux victoires lors de ses 17 derniers matches de championnat sous Thomas Frank, désormais limogé, Tottenham ne compte plus que cinq points d’avance sur la zone de relégation

Le candidat le plus évident pour assurer l'intérim à Tottenham est Johnny Heitinga, ancien adjoint d'Arne Slot à Liverpool, arrivé dans le staff des Spurs le mois dernier

Selon plusieurs sources, le club privilégierait la nomination d’un entraîneur intérimaire dans le style de Carrick jusqu’à la fin de saison, afin de faire revenir cet été son ancien entraîneur Mauricio Pochettino, une fois sa mission à la Coupe du monde terminée avec les États-Unis, coorganisateurs du tournoi.
Le candidat le plus évident pour occuper ce rôle est Johnny Heitinga, ancien adjoint d’Arne Slot à Liverpool, qui a rejoint le staff de Tottenham le mois dernier. Heitinga sort d’un passage raté comme entraîneur principal de l’Ajax, où il n’a tenu que cinq mois avant d’être limogé.
Mais la dure réalité est que la famille Lewis, le directeur général des Spurs Vinai Venkatesham et le directeur sportif Johan Lange ne peuvent pas se permettre d’attendre Pochettino ni de parier sur la capacité d’un entraîneur intérimaire à les sortir de la crise. La vérité, c’est que s’ils choisissent cette voie et nomment Heitinga ou l’ancien intérimaire Ryan Mason, il sera peut-être déjà trop tard lorsque Pochettino arrivera dans le nord de Londres vers la fin de l’été.
United semble avoir fait le bon choix avec Carrick, qui a présenté de solides arguments pour être nommé entraîneur à plein temps, mais il n’a pas pris ses fonctions alors que le club faisait face à une crise existentielle.
Tottenham ne peut pas miser sur un entraîneur intérimaire pour se sortir de l'impasse. Le club ne peut pas laisser la situation se dégrader ni sacrifier le présent au nom de l'avenir. S'il le fait, son avenir dans l'élite pourrait être menacé. La logique et l'ambition imposent donc d'agir avec audace.
S’ils peuvent l’obtenir, ils doivent tout faire pour nommer Roberto De Zerbi, l’ancien entraîneur de Brighton & Hove Albion, qui vient de quitter son poste d’entraîneur de l’OM.
De Zerbi serait également une cible de United, qui étudie ses options pour succéder à Amorim. Tottenham n’a jamais eu la réputation d’agir vite, mais doit désormais accélérer sous peine de lourdes conséquences.
Tottenham ne peut pas se permettre d’attendre Mauricio Pochettino ni de parier sur la capacité d’un entraîneur intérimaire à le sortir de la crise

Roberto De Zerbi a un tempérament explosif. Impulsif et exigeant, il est aussi largement considéré comme l’un des meilleurs entraîneurs du monde

De Zerbi a un tempérament explosif. Impulsif et exigeant, il est aussi largement considéré comme l'un des meilleurs entraîneurs du monde. Il arriverait à Tottenham comme une tornade et chercherait à faire pratiquer à l'équipe le football séduisant que les supporters réclament.
Il n’a pas connu un succès sans réserve à Marseille. Au final, il n’a pas pu rivaliser avec la puissance du PSG, qui a mis fin à son règne par une gifle 5-0 au Parc des Princes. Marseille a également été éliminé de la Ligue des champions lors de la phase de ligue le mois dernier.
Mais cette saison, Marseille a parfois bousculé le PSG et, quoi qu’il en soit, De Zerbi a déjà constitué un bilan solide qui confirme sa réputation parmi les entraîneurs les plus brillants du football.
Le recruter ne garantirait pas le maintien de Tottenham. Mais cela donnerait aux Spurs une meilleure chance d’éviter la relégation que de nommer un intérimaire. Ce serait aussi un signal fort, une marque d’ambition. Les supporters des Spurs sont privés de ces qualités depuis trop longtemps.