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Manchester City a lancé un sérieux avertissement à Arsenal en battant Liverpool — et si l’équipe de Pep Guardiola est toujours dans la course lorsque les Gunners se rendront à l’Etihad en avril, elle partira favorite, écrit Ian Ladyman

Après le drame, l’agitation, les altercations et les accusations, Manchester City a quitté la pelouse d’Anfield avec l’assurance d’une équipe qui sait qu’elle est toujours en course pour le titre de Premier League.

Pep Guardiola n’est peut-être pas certain que sa jeune équipe en transition soit prête à remporter un titre. Il l’a dit vendredi dernier. Mais au vu du dernier quart d’heure de ce match fabuleux, ses joueurs semblent bien décidés à lui prouver le contraire.

À six minutes de la fin du temps réglementaire, tout semblait joué : le match et le titre.

Le filet de Gianluigi Donnarumma tremblait encore au Kop End après le coup franc tendu de Dominik Szoboszlai, passé devant l’Italien, et la brillante seconde période de Liverpool semblait devoir porter l’avance d’Arsenal sur City à neuf points en tête. City n’a d’ailleurs pas vraiment convaincu dans les fins de match ces derniers temps.

Mais une égalisation en fin de match de l’inusable et très influent Bernardo Silva, puis un penalty d’Erling Haaland, après une énorme erreur d’appréciation du gardien de Liverpool Alisson, ont fait basculer la rencontre et envoyé un message clair à l’Emirates Stadium.

L’Arsenal de Mikel Arteta semble s’être remis de sa récente défaite contre Manchester United et avoir retrouvé une forme souveraine. Mais les Gunners auront vu ce qui s’est passé ici et, plus important encore, comment cela s’est produit. À partir de maintenant, Arsenal continuera de sentir la présence de City, et cela a toute l’importance que cela suggère.

Guardiola n’est peut-être pas certain que sa jeune équipe en transition soit prête à remporter un titre, mais au vu du dernier quart d’heure de ce match fabuleux, ses joueurs semblent bien décidés à lui prouver le contraire

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Bernardo Silva a inscrit le but égalisateur pour City à la 84e minute, renversant le cours du match

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La brillante prestation de Liverpool en seconde période semblait devoir laisser Arsenal avec neuf points d’avance sur City en tête

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Le mental compte énormément dans une course au titre, et Arsenal le sait mieux que la plupart des équipes. Les Gunners ont déjà craqué par le passé et devront désormais jeter un œil dans le rétroviseur en voyant les phares de City se rapprocher.

C’est tout ce que City peut faire à partir de maintenant : rester au contact, entretenir l’idée d’une vraie course au titre et donner de l’importance à chaque week-end. Guardiola a sans doute déjà entouré les 18 et 19 avril dans son agenda, puisque Arsenal se rendra dans l’est de Manchester à cette date. Si la lutte est encore ouverte à ce moment-là, beaucoup commenceront à miser sur les hommes en bleu. Tant qu’Arsenal n’aura pas remporté son premier titre depuis 2004, ce scénario continuera de s’imposer.

Il y a eu un scénario complètement fou dans les derniers instants, du rarement vu jusque-là.

Alors qu’Alisson avait quitté sa cage à la recherche d’un miracle, le remplaçant de City Rayan Cherki a tenté sa chance depuis son propre camp vers le but de Liverpool. Szoboszlai a tiré le maillot de Haaland sans parvenir à l’arrêter, avant que le Norvégien ne lui rende la pareille. Le ballon a fini au fond dans une scène de chaos: des supporters de City ont envahi la pelouse, les stadiers se sont lancés à leur poursuite et tout le banc mancunien a déboulé le long de la touche. À quelques secondes de la fin, le match semblait joué, mais l’arbitre Craig Pawson a consulté l’écran du VAR, expulsé Szoboszlai puis annulé le but.

C’était la bonne décision, mais City a perdu un but et Liverpool un joueur pour son prochain match contre Sunderland mercredi. En définitive, les deux équipes y ont laissé des plumes, ce qu’a reflété une atmosphère tendue dans le dénouement.

Pour Liverpool, ce sera un coup dévastateur. L'équipe a été en difficulté en première période et semblait à la merci de son adversaire. Après la pause, le scénario a changé : elle a été la meilleure équipe et a enfin retrouvé un visage reconnaissable.

Mais l’équipe d’Arne Slot n’arrive pas à se défaire de cette habitude de mal finir ses matches. La version de la saison dernière aurait su préserver cet avantage jusqu’à la victoire, mais celle de cette saison l’a laissé filer. Liverpool marque rarement des buts brouillons et peu esthétiques, mais en concède assurément beaucoup.

L’égalisation de City n’avait rien de particulièrement brillant, tandis que la décision d’Alisson de sortir sur Matheus Nunes sur le penalty décisif a été catastrophique, et Liverpool risque désormais de décrocher dans la course aux places qualificatives pour la Ligue des champions. Si Slot ne parvient pas à guider son équipe championne dans le top 5, devant des équipes profondément imparfaites comme Chelsea et, comble de l’ironie, United, il sera vraiment en difficulté. Ses protestations ultérieures contre l’arbitre étaient compréhensibles, mais reposaient sur bien peu d’éléments.

La décision d'Alisson de sortir précipitamment sur Matheus Nunes lors du penalty décisif a été catastrophique

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Marc Guehi, hué tout au long du match par les supporters de l’équipe qu’il avait failli rejoindre en septembre dernier, a traversé la première période sans difficulté

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En première période, City s’est montré nettement supérieur. Haaland aurait pu ouvrir le score rapidement après avoir été servi par Silva, et l’équipe de Guardiola a bouclé les 45 premières minutes avec dix tirs du côté du Kop. Liverpool s’est montré par intermittence dangereux en contre, sans jamais vraiment sembler en mesure de marquer.

Liverpool a toutefois montré des progrès récents dans son jeu, ce qui a contribué à une première demi-heure de la seconde période qui semblait devoir lui offrir la victoire.

À mesure que Liverpool montait en puissance, le public s'est enflammé. City a déjà connu cela à Anfield et a failli craquer.

Marc Guehi — sifflé tout au long du match par les supporters de l’équipe qu’il avait failli rejoindre en septembre dernier — avait traversé tranquillement la première période. En seconde mi-temps, la VAR a brièvement envisagé de recommander un carton rouge pour avoir tiré sur Mohamed Salah. Un jaune a suffi, mais c’était limite.

Liverpool s’est montré dangereux par l’intermédiaire de Salah, Hugo Ekitike et Florian Wirtz. Les deux derniers auraient dû marquer, avant que Szoboszlai ne le fasse à la 74e minute d’un superbe coup franc des 30 mètres.

Seul City sait pourquoi son mur ne comptait que deux joueurs, mais Szoboszlai avait largement de quoi viser et Donnarumma est resté figé tandis que le ballon s'écartait de lui, heurtait son poteau gauche et finissait au fond.

City avait un peu plus de 15 minutes pour sauver sa saison en championnat et, pendant un moment, la réaction s’est fait attendre. Haaland s’était montré particulièrement discret depuis son occasion manquée en début de match. Mais lorsque qu’un centre de Cherki l’a trouvé à l’entrée de la surface, il a dominé Ibrahima Konate dans les airs et, après l’appel intelligent de Silva dans le dos de Virgil van Dijk, celui-ci s’est jeté pour pousser le ballon au fond et égaliser.

La beauté de la suite a tenu à l’envie et aux efforts des deux équipes pour aller chercher la victoire. Le nul n’arrangeait vraiment personne, et cela s’est vu. Le match aurait pu basculer d’un côté comme de l’autre, mais la sortie précipitée d’Alisson pour faucher Nunes près de la ligne de but a été terrible, tandis que la parade de Donnarumma dans le temps additionnel devant Alexis Mac Allister est de celles qui peuvent relancer une saison.

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