La nouvelle proposition publicitaire de 750 millions de livres de la Premier League se heurte à la résistance du « Big Six », les clubs craignant que le modèle inspiré des États-Unis ne soit pas bénéfique et n’entraîne des conflits d’intérêts avec d’autres
Une proposition de la Premier League visant à centraliser la vente des panneaux publicitaires en bord de terrain — qui pourrait, selon la ligue, générer 750 millions de livres supplémentaires par an — a été accueillie avec froideur par certains de ses plus grands clubs.
Lors de l’assemblée des actionnaires de la semaine dernière, la compétition a indiqué à ses clubs qu’elle étudiait l’adaptation d’un modèle similaire à celui utilisé dans le sport américain, dans lequel la ligue négocierait les accords au nom des équipes.
Les participants à la réunion ont été informés qu’une telle mesure — qui prévoit la vente centralisée de 60 % de la publicité en bord de terrain et le passage du nombre de partenaires premium de sept à dix — pourrait générer 750 millions de livres supplémentaires. Selon des sources, ces revenus additionnels seraient ensuite répartis entre les 20 clubs, selon des montants variables en fonction de plusieurs critères.
Cependant, selon les informations de Daily Mail Sport, les deux clubs de Manchester — ainsi que d’autres membres du « Big Six » — expriment de sérieuses inquiétudes quant à la proposition.
Aucun des clubs du « Big Six » — Arsenal, Chelsea, Tottenham, United, City et Liverpool — n’a souhaité commenter. Selon nos informations, si United est disposé à écouter, le club reste profondément sceptique quant à l’intérêt d’une telle démarche, que ce soit pour lui-même ou pour la compétition.
La nouvelle proposition publicitaire de la Premier League se heurte à l’opposition du « Big Six »

Le « Big Six » nourrit plusieurs inquiétudes concernant le modèle adopté aux États-Unis, qui pourrait générer 750 millions de livres

Interrogés par le Daily Mail Sport, aucun des 'Big Six' (Mikel Arteta sur la photo) n’a souhaité commenter

Manchester City n’a pas non plus fait de commentaire, mais serait animé de sérieuses réserves. Un point de vue largement répandu parmi les clubs d’élite est qu’ils investissent massivement dans leurs départements commerciaux et estiment que le niveau d’expertise requis dépasse celui dont dispose la Premier League. Cette opinion serait partagée ailleurs, même si certains membres du « big six » se montrent ouverts à la discussion. Actuellement, la Premier League est autorisée à diffuser cinq minutes de publicité sur les panneaux pendant les matches, dont trois minutes reviennent au diffuseur lorsque la rencontre est télévisée.
Lors de la réunion, un dirigeant a évoqué le risque qu’une telle proposition crée des conflits d’intérêts potentiels avec les sponsors actuels des clubs. Par exemple, si la Premier League concluait un accord avec un partenaire du secteur automobile, cela pourrait poser problème avec des entreprises de cette industrie déjà sous contrat.
Il pourrait toutefois y avoir un soutien de la part des entités aux revenus plus modestes, qui y voient une occasion de générer davantage de liquidités, dans une situation jugée fascinante.
Les clubs plus modestes pourraient bien se féliciter de l’occasion d’exploiter l’attrait des grandes équipes à leur propre avantage.
Si la Premier League a refusé de commenter, des sources internes assurent que toute initiative serait prise uniquement dans l’intérêt de ses clubs. Elles estiment disposer d’analyses solides pour étayer cette position, appuyées par l’expertise interne et celle des clubs, et affirment agir dans le cadre d’un devoir d’explorer des pistes susceptibles d’avantager les équipes. La compétition devrait poursuivre ses échanges avec les clubs et ne soumettrait aucune proposition formelle qu’elle jugerait contraire aux intérêts de ses membres.
La saison dernière, le Daily Mail Sport a rapporté que United et City avaient formé une alliance improbable pour s’opposer à la tentative de la Premier League d’introduire un système d’ancrage, qui aurait abouti de fait à l’instauration d’un plafond salarial.
Les deux clubs ont exercé un lobbying intense contre cette perspective, qui aurait plafonné les dépenses à cinq fois le montant des primes et des droits de diffusion versés à l’équipe classée dernière.
Malgré un soutien initial, la proposition a été rejetée lors d’une réunion de la Premier League en novembre.